Gaza, jour 801 : Les violations répétées par Israël du cessez-le-feu menacent la “phase deux”

Par ses attaques quotidiennes, ses destructions de bâtiments et ses restrictions de l’entrée de fournitures humanitaires et de matériaux essentiels, Israël viole le cessez-le-feu et menace la possibilité même de l’entrée en vigueur de sa seconde phase.

Par l’Agence Média Palestine, le 16 décembre 2025

Des témoins rapportent, ce matin du mardi 16 décembre, que l’armée israélienne a lancé des attaques aériennes et des tirs d’artillerie dans la ville de Gaza ce matin, du côté de la zone contrôlée par Israël. Des véhicules militaires israéliens auraient également ouvert le feu sans discernement sur la partie nord du camp de réfugiés de Bureij, dans le centre de Gaza, à Deir el-Balah.

Les avions israéliens ont mené hier, lundi 15 décembre, une série de frappes aériennes visant la ville de Rafah, au sud de la bande de Gaza, parallèlement à des tirs nourris provenant de véhicules militaires déployés au nord de la ville, sous contrôle israélien depuis l’entrée en vigueur du “cessez-le-feu”.

L’agence palestinienn Wafa rapporte également que l’artillerie israélienne a bombardé l’est du camp de réfugiés d’al-Bureij, au centre de la bande de Gaza, tandis que des véhicules militaires ont ouvert le feu de manière intensive en direction du bâtiment des télécommunications près du rond-point d’Abou Hamid, au centre de la ville de Khan Younis, au sud.

La veille, dimanche 14 décembre, des raids aériens ont également été signalés sur la ville de Rafah ainsi que sur l’est de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, parallèlement à la poursuite des bombardements d’artillerie et des tirs nourris effectués par les véhicules militaires israéliens.

Chaque jour, l’armée israélienne mène des opérations dans et au-delà de la zone qu’elle contrôle, en violation flagrante de l’accord en vigueur et menaçant son fragile équilibre. Depuis le début de cette prétendue trêve, le 10 octobre 2025, l’armée israélienne a assassiné au moins 391 Palestinien·nes à Gaza.

Israël viole le cessez-le-feu et menace la “phase deux”


L’une de ces violations meurtrières a eu lieu samedi, et soulevé davantage d’attention médiatique, car elle a visé et tué un haut commandant du Hamas, Raed Saad. Trois autre personnes ont été assassainées dans cette attaque, qui a également blessé au moins 25 Palestinien·nes dont certain·es grièvement.

Cet assassinat intervient alors que de nombreux acteur-ices appellent à passer à la “phase deux” de l’accord en vigueur, et pourrait la compromettre. “Nous appelons les médiateurs, et en particulier l’administration américaine et le président américain Donald Trump, principal garant de l’accord, à forcer l’occupant [Israël] à respecter l’accord de cessez-le-feu et à le mettre en œuvre”, déclare le chef du groupe à Gaza, Khalil al-Hayya, dans une vidéo. “Les violations continues de l’accord de cessez-le-feu par Israël […] et les derniers assassinats qui ont visé Saad et d’autres personnes menacent la viabilité de l’accord”, affirme-t-il.

Certains médias rapportent que le président états-unien Donald Trump aurait déclaré “examiner” si cet assassinat constitue une violation de l’accord, ce qui serait une première depuis depuis le mois d’octobre dernier, alors qu’Israël a violé plus de 800 fois le cessez-le-feu.

Dans la zone contrôlée par Israël, qui couvre 58% de la bande de Gaza, l’armée procède à des démolitions massives, comme le confirme une enquête d’Al Jazeera portant sur des images satellites. Ces destructions laissent craindre, tout comme les déclarations récentes du chef israélien des armées, qu’Israël n’a pas l’intention de se retirer de cette zone, malgré son engagement à le faire en vertu de l’accord, qui prévoit son retrait à l’issue de la dite “phase deux”.

Elles représentent également des violations du cessez-le-feu, car la destruction de biens privés par une puissance occupante est interdite en vertu de la convention de Genève.

Pluies meurtrières


Les fortes pluies aggravent toujours la catastrophe humanitaire à Gaza, où les Palestinien·nes déplacé·es luttent pour survivre dans des abris de fortune précaires, alors que les tempêtes ont déjà fait au moins 14 mort·es et inondé 27 000 tentes.

“La situation est extrêmement grave sur le terrain”, s’inquiète Tareq Abu Azzoum ce matin sur Al Jazeera, alors que des pluies torrentielles s’abattent sur les camps de déplacés où les familles vivent dans des tentes faites de bâches en plastique, de tissu et de matériaux de récupération.

“Depuis les premières heures de ce matin, les familles s’entraident en partageant les bâches en plastique qui leur restent. Mais celles-ci sont insuffisantes, et les agences d’aide humanitaire ont également averti à plusieurs reprises que les conditions météorologiques ne faisaient qu’aggraver la terrible situation humanitaire à Gaza.”

Les eaux de pluie ont inondé de vastes zones, transformant le sol en boue et s’infiltrant dans les tentes, détruisant le peu qui restait aux habitant·es. Les gazaoui·es déplacé·es disposent de « très peu de protection contre la pluie », avec un accès quasi inexistant à des matériaux imperméables et aucun système de drainage pour évacuer les eaux de crue.

Ces conditions dramatiques entraînent une propagation alarmante de maladies infectieuses, en particulier celles touchant les systèmes respiratoire et digestif, ce qui engendre une pression accrue sur les établissements de santé de l’enclave, déjà au bord de l’effondrement. Les autorités compétentes ont indiqué que le nombre de patients dépasse la capacité hospitalière d’environ quatre fois le nombre de lits disponibles.

Ces inondations sont également très dangereuses pour les rares édifices qui n’ont pas été détruits, car les bombardements israéliens ont fragilisé les sols et détruit les systèmes d’égout, ce qui menace les fondations des bâtiments, alors que de nombreux Palestinien-nes y trouvent refuge.

Le ministre palestinien des Travaux publics et du Logement, Ahed Faïq Bseisso, a déclaré hier que près de 70 % du secteur résidentiel de la bande de Gaza a été totalement détruit ou rendu inhabitable, laissant plus de 1,7 million de personnes déplacées sans abri, dans des conditions humanitaires extrêmement précaires.

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