Gaza, jour 997 : Israël poursuit ses crimes jusque dans les “zones sûres”

Alors que des membres du gouvernement israéliens multiplient leurs appels au nettoyage ethnique de la bande de Gaza, l’armée israélienne y multiplie les exactions malgré le “cessez-le-feu” officiellement en vigueur.

Par l’Agence Média Palestine, le 30 juin 2026

Dans une interview sur le média israélien Channel 7, la ministre israélienne de l’Innovation, des Sciences et de la Technologie, Gila Gamliel, a déclaré avoir présenté un plan gouvernemental visant la “relocalisation” des Palestinien-nes de la bande de Gaza, avec le soutien des services de renseignement extérieurs israéliens (Mossad).

Nous contrôlons actuellement plus de 60 % de Gaza sur le plan militaire, et nous continuerons à avancer jusqu’à ce que nous ayons atteint l’objectif de la guerre, qui est de garantir que le Hamas ne puisse plus contrôler la bande de Gaza, ni militairement ni politiquement”, a-t-elle déclaré, avant d’ajouter qu’ “à l’avenir, Gaza pourrait devenir une bonne opportunité pour l’implantation de colonies, une fois que la migration volontaire aura eu lieu.

Ces déclarations suivent une réunion d’urgence convoquée la semaine passée par le chef du Conseil de sécurité nationale israélien, Shmuel Ben Ezra, concernant l’établissement d’un plan de “départ volontaire” pour les Palestinien·nes de Gaza, un plan largement qualifié de nettoyage ethnique par les instances internationales de protection des droits humains.

Sur le terrain à Gaza, l’armée israélienne continue d’étendre progressivement et avec violence sa zone de contrôle, forçant les Palestinien·nes à de nouveaux déplacements. Cette semaine encore, l’armée israélienne a déplacé d’environ 150 mètres vers l’ouest les blocs de béton délimitant la “ligne jaune”, élargissant ainsi les zones sous occupation israélienne au nord du pont du Wadi Gaza, dans le centre de la bande de Gaza.

Les appels à la “relocalisation” des Palestinien·nes et à l’implantation de colonies israéliennes à Gaza vont à l’encontre du droit international, mais aussi du plan dit “de paix” entré en vigueur en octobre dernier, un cessez-le-feu de papier qui n’a pas mis fin au génocide à Gaza.

Israël intensifie ses bombardements

Les villes de Khan Younis, Rafah et Gaza sont le théâtre, ces dernières 24 heures, d’intenses opérations militaires israéliennes, comprenant des tirs d’artillerie, la démolition d’habitations et d’infrastructures civiles, ainsi que des attaques visant des quartiers résidentiels, ce qui a entraîné le déplacement de dizaines de familles.

Les correspondants de l’agence de presse palestinienne WAFA rapportent que les soldat-es israélien-nes ont mené, à l’aube de ce mardi 30 juin, quatre opérations de démolition à grande échelle, visant des habitations et des infrastructures civiles dans les zones est et nord-est de Khan Younis.

Des tirs d’artillerie ont également frappé les quartiers nord-ouest de Rafah, et des tanks israéliens ont ouvert le feu en direction des quartiers est de Khan Younis. À Gaza, l’armée israélienne a fait exploser un robot piégé chargé d’une importante quantité d’explosifs, visant des habitations du quartier de Tuffah, au nord-est de la ville. 

Les bombardements se sont étendus aux zones orientales de Beit Lahia, dans le nord de la bande de Gaza, et ont également visé la zone d’Atatra, au nord-ouest de la ville de Gaza.

Les hôpitaux rapportent qu’au moins huit Palestinien·nes, dont deux enfants, ont été assassiné·es lundi. Le bilan des victimes depuis l’entrée en vigueur du prétendu “cessez-le-feu” en octobre 2025 s’élève désormais à 1 045 morts, auxquels s’ajoutent au moins 3 380 blessés.

Ces meurtres interviennent alors que l’ONU a publié un rapport, la semaine dernière, démontrant que le ciblage répété des enfants de Gaza constituait un élément clé dans la démonstration de l’intention génocidaire d’Israël.

Meurtres en “zone sûre”

Les Palestinien·nes de Gaza rapportent depuis plusieurs jours une intensification des frappes aériennes israéliennes visant les tentes du campement d’al-Mawasi, région agricole où se sont réfugié·es des milliers de personnes fuyant les bombardements.

Tout au long du génocide perpétré par Israël à Gaza, l’armée israélienne a désigné la zone d’al-Mawasi comme “sûre” et encouragé les Palestinien·nes déplacé·es de force à s’y rendre pour se mettre à l’abri. Cela ne l’a pas empêchée d’y commettre des massacres, avant comme après le “cessez-le-feu”.

Les forces israéliennes ont attaqué une tente mercredi [24 juin], et un enfant de 12 ans a été tué. Il s’appelait Ahmed”, rapporte la journaliste d’Al Jazeera Hind Khoudary. “Au moins sept Palestiniens ont été blessés lors de cette même attaque”, précise-t-elle avant d’ajouter que “les victimes des frappes israéliennes sont difficiles à soigner car les autorités israéliennes continuent d’interdire et de restreindre l’entrée de matériel médical et de médicaments dans la bande de Gaza.”

Le samedi suivant, le 26 juin, une attaque israélienne par drone contre deux tentes du camp de Mawadi a tué samedi la jeune Islam Moussa, 15 ans, et son frère Abdullah Moussa, 30 ans. Le même jour, un enfant de 10 ans, Walid Youssef Abu, est mort de ses blessures, infligées par l’armée israélienne quelques jours plus tôt lors d’une frappe sur al-Mawasi. Hier, une femme de vingt-trois ans et sa fille d’un an ont été assassinées, alors qu’elles dormaient dans leur tente en plein cœur du camp de réfugié·es d’al-Mawasi.

En outre, ce gigantesque camp de fortune, érigé dans l’urgence, offre à ses habitant·es des conditions de vie extrêmement difficiles, conditions qui se voient empirées par les fortes chaleurs qui s’installent avec l’arrivée de l’été.

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