Point hebdomadaire sur la situation à Gaza : semaine du 19 au 25 août 2026
Israël a mené des attaques meurtrières presque quotidiennes, ciblant des lieux fortement peuplés et tuant au moins 33 Palestinien-nes en une semaine.
Par l’Agence Média Palestine, le 25 août 2026

Quelques heures après la publication de notre dernier point hebdomadaire sur la situation à Gaza, mardi 18 août dernier, l’armée israélienne a mené une attaque meurtrière contre un café de Gaza, faisant au moins 7 mort·es et soulevant la crainte d’une nouvelle escalade dans le génocide en cours depuis bientôt trois ans.
Un massacre dans un café du port
Mohammed Alghoul, témoin de l’attaque, raconte à l’AFP que « des avions de combat israéliens ont tiré deux missiles sur le café “Sweet and Bitter”, situé dans le port de pêche à l’ouest de la ville de Gaza ».
Les victimes de l’attaque ont été transportées à l’hôpital Al-Shifa, qui a confirmé avoir réceptionné 6 corps et 13 blessé-es, dont l’un a succombé à ses blessures plus tard dans la soirée. L’hôpital précise que parmi les décès figurent un enfant, et un individu dont le corps a été tellement abîmé qu’il n’est pas possible de l’identifier.
Les six victimes qu’il a été possible d’identifier se nommaient Ezz El-Din Salem Deeb, Jihad Muhammad Hamdi Al-Masdi, Muhammad Hamdi Ahmad Al-Masri, Essam Muhammad Musa Murtaja, Muhammad Fathi Hussein Nasser and Samed Samir Harb Abu Habel.
Sur Al Jazeera, les journalistes précisent que la force de l’explosion a été si violente que certains corps et blessé-es auraient pu être projetés dans la mer, et que le nombre de victimes pourrait ainsi être sous-évalué.
Les images qui nous sont parvenues de ce drame rappellent les heures les plus sombres du génocide, alors qu’un cessez-le-feu est officiellement en vigueur depuis le mois d’octobre dernier. L’attaque israélienne est survenue alors que le Premier ministre Benjamin Netanyahou venait d’approuver une nouvelle version du plan de « paix » prévoyant le désarmement du Hamas, sans garantir le retrait des troupes israéliennes de Gaza.
Le Hamas a qualifié l’attaque de « massacre » et dénoncé le « mépris » d’Israël pour les termes du cessez-le-feu officiellement en vigueur, appelant les médiateurs à faire pression sur Israël « pour qu’il s’engage à respecter l’accord de cessez-le-feu » et la feuille de route pour la paix précédemment convenue.
Si les deux précédentes semaines avaient vu une relative accalmie dans les attaques israéliennes, laissant espérer un répit pour les habitant-es de Gaza traumatisé-es par bientôt 3 ans de guerre génocidaire, la semain écoulée a vu se déchaîner à nouveau la brutalité israélienne, avec des attaques meurtrières presque chaque jour.
« Nouveau crime de guerre »
Mercredi 19 août, des avions de chasse israéliens ont largué plusieurs bombes sur le quartier général de la police municipale du gouvernorat de Gaza, situé dans le centre de la ville de Gaza, à proximité d’un parc fortement fréquenté par des enfants.
Des témoins ont déclaré que la frappe avait provoqué une puissante explosion et projeté des éclats d’obus dans les environs, décrivant des scènes de panique et d’effroi parmi les civils.
L’attaque israélienne a tué 9 Palestinien-nes, dont la cheffe de la police des femmes Faten al-Sahhar et plusieurs officers dont le général de brigade Abu Akram Jundiya, le colonel Abu Abdullah al-Hajin, le colonel Abu Khalil Tamraz, le commandant Abu Bilal Abu Sam’an et le colonel Abu Omar Aliyan. De nombreuses personnes ont également été blessées, dont certaines grièvement, ont précisé les équipes médicales.
Les responsables de la police ont qualifié cette attaque de « massacre brutal », et le ministère de l’Intérieur de Gaza a déclaré qu’Israël cherchait à semer le chaos sur le territoire en prenant pour cible les forces de police, qualifiant l’attaque de « nouveau crime de guerre ». Le même jour, une autre attaque israélienne, ciblant le camps de réfugié-es de Nuseirat, a tué un Palestinien, portant le bilan de cette seule journée à 10 mort-es.
Vendredi 21 août, l’agence de presse Wafa rapporte que Ibrahim Mohammed Kawar’a, un jeune Palestinien de 29 ans, a été tué par les forces israéliennes dans la région de Qizan al-Najjar, au sud de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza. Le Croissant-Rouge palestinien a indiqué que la victime était menottée et enchaînée.
Samedi 22 août, une attaque de drone israélien a visé la famille al-Hasanat, dans la ville de Deir el-Balah, tuant une personne et en blessant d’autres. Al Jazeera rapporte que l’attaque a été menée sans avertissement préalable à la famille, dans une zone bondée de tentes abritant des personnes déplacées.
L’armée israélienne s’en prend aux cerfs-volants
Dimanche 23 août, des frappes israéliennes ont touché un entrepôt dans la ville d’az-Zawayda, ainsi que deux zones situées rue Salah al-Din, dans le centre de Gaza, selon l’agence de presse palestinienne Wafa, alors que Benjamin Netanyahou menaçait d’intensifier les attaques contre cette enclave déchirée par la guerre en raison des « lancements » de « cerfs-volants, drones et ballons » depuis ce territoire.
Un enfant, Muhammad Abdel Salam Taha, âgé de quatre ans, a été tué et six autres personnes ont été blessées lors de l’attaque israélienne sur az-Zawayda, tandis que deux autres personnes ont été tuées lors de l’attaque sur la rue Salah al-Din, a rapporté Wafa.
Des quadricoptères israéliens ont également tiré sur al-Shujaiyya, à l’est de la ville de Gaza, blessant plusieurs personnes dont le journaliste Ezz el-Din al-Batsh, âgé de 33 ans, tandis que des attaques de drones israéliens ont frappé le sud de Khan Younis, blessant au moins 10 personnes.
Alors que les médias israéliens prenaient l’exemple de cerfs-volants ayant atterri dans des localités israéliennes après avoir été lancés par des enfants depuis Gaza comme prétexte à ces frappes, le Hamas a dénoncé des menaces qui « reposaient sur des prétextes inventés de toutes pièces et constituaient une tentative de justifier la poursuite de l’agression et des violations à l’encontre de notre peuple ».
Quel cessez-le-feu ?
Lundi 24 août, les forces israéliennes ont lancé des attaques dans toute la bande de Gaza, frappant une mosquée, une usine de dessalement d’eau et des tentes abritant des personnes déplacées, tuant au moins huit personnes et en blessant plusieurs autres. Parmi les victimes figurent au moins deux enfants : Hassan al-Hafi, âgé de 4 ans, et Amal Nash’at Abu Khater, âgée de 10 ans.
Deux autres Palestinien-nes, blessé-es au cours des jours précédents, sont également décédé-es lundi 24 août, tandis qu’un homme blessé hier à l’ouest de Khan Younis est mort ce matin des suites de ses blessures à l’hôpital Nasser, rapporte l’agence Wafa.
Pour les habitant-es de Gaza, le cessez-le-feu demeure une notion abstraite alors que les explosions se répètent.
Interrogé par The New Arab, Mohammed Odwan résident de Gaza, raconte que « chaque jour, nous entendons des nouvelles concernant les négociations, puis les bombardements reprennent et tuent des gens. Pour nous, cela ne fait aucune différence qu’on dise que la guerre est finie ou qu’elle continue, tant que la mort frappe nos tentes, nos cafés et nos rues. »
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