Point hebdomadaire sur la situation à Gaza : semaine du 26 août au 1er septembre 2026
Par l’Agence Média Palestine, le 1er septembre 2026

Le ministère de la santé de Gaza a annoncé hier, lundi 31 août, que 32 personnes avaient été assassinées la semaine dernière, portant le bilan depuis le « cessez-le-feu » d’octobre 2025 à au moins 1 320, et le nombre total de morts depuis le 7 octobre 2023 à 73 456.
La crainte d’une « reprise » de l’offensive militaire israélienne
Alors que les frappes se poursuivent, le ministre de la Défense Israel Katz a réitéré sa menace d’expulser les Palestinien-nes des zones de Gaza où l’on faisait voler des cerfs-volants ou des ballons, déclarant sur X qu’« un ballon et un cerf-volant doivent être traités de la même manière qu’un drone, qu’ils contiennent ou non des explosifs ». Si ces menaces peuvent paraître anecdotiques, elles n’en participent pas moins d’une banalisation des discours appelant à une « reprise » officielle de l’offensive militaire israélienne, quand l’armée prétend actuellement se contenter de « frappes ciblées. »
Le journaliste israélien Amir Bohbot a estimé cette semaine dans un article du site Walla qu’une nouvelle offensive israélienne terrestre à Gaza était « inévitable ». L’article cite le général de division Yaniv Asor, chef du Commandement du Sud, qui défend un plan opérationnel prévoyant la reprise des combats dans la ville de Gaza, comprenant différentes étapes visant la conquête progressive de la ville, parallèlement à l’évacuation de la population civile vers des zones humanitaires désignées.
Les négociations autour de l’implémentation du plan de « paix » de Donald Trump se poursuivent sans commenter ces déclarations, alors que le haut représentant du Conseil de la Paix estimait la semaine dernière qu’un échec de ce plan constituerait « un point de non retour ». L directrice exécutive de l’Association des agences de développement international (AIDA) Athena Rayburn, qui représente plus de 100 ONG humanitaires et de développement dans le territoire palestinien occupé, estime pour sa part que le Conseil de paix a non seulement « échoué » à Gaza, mais a également « contribué à ancrer davantage la présence illégale d’Israël » sur ce territoire.
Pendant ce temps à Gaza, Israël poursuit ses crimes quotidiens et ses attaques aériennes ciblant des zones toujours plus peuplées, alors que plus de deux millions d’habitant-es sont confinés dans moins de 40% du territoire assiégé par l’armée israélienne.
Ces déclarations et menaces à propos d’une possible « reprise » de l’offensive israélienne ne doivent en effet pas faire oublier la réalité de ce « cessez-le-feu » de papier : chaque jour, Israël mène des frappes ciblant la population civile, empêche l’entrée de fournitures humanitaire et l’évacuation médicale urgente de milliers de malades et blessé-es.
Frappes ciblées
Lundi 24 août dernier, la chaîne publique israélienne Kan a affirmé que l’armée israélienne avait frappé un « dépôt d’armes du Hamas » dans le quartier de Sheikh Radwan, au nord de la ville de Gaza.
L’armée israélienne n’a pas apporté de preuve à cette affirmation. En revanche, la cible revêtait assurément un caractère crucial pour les habitant-es de la zone : il s’agissait d’une usine de désalinisation, en travaux depuis des semaines et destinée à améliorer les conditions de vie très difficiles dans cette partie dévastée de l’enclave.
« Nous attendions avec impatience la mise en service de la station. On nous avait dit que les travaux étaient presque terminés et que l’eau arriverait bientôt dans la région. Puis les frappes aériennes ont eu lieu et ont tout détruit », a déclaré Abu Mohammed, un habitant de Cheikh Radwan, à The New Arab. « En été, on ne peut pas vivre sans eau. Les enfants ont besoin de se laver, les femmes ont besoin d’eau pour cuisiner et faire le ménage, et même l’eau potable doit désormais être soigneusement rationnée. »
« Nous vivons au milieu des décombres de nos maisons et de nos tentes, et voilà que même la source d’eau que nous attendions a été détruite. L’été n’attend personne, et les enfants ne supportent pas la soif », ajoute un autre habitant. « Quand une maison est détruite, on peut chercher une tente, et quand une tente est détruite, on peut essayer de la réparer. Mais que faire quand on ne trouve pas d’eau ? On ne peut pas se passer d’eau. »
Dans son rapport du 28 août, l’OCHA signale qu’au moins quatre frappes aériennes ont touché des zones proches d’installations humanitaires le 24 août, dans le camp d’Ash Shati’, à Al Bureij et à deux endroits à Deir al Balah. L’organisation ajoute que la quasi-totalité des denrées alimentaires stockées, y compris les compléments alimentaires et les produits spécialisés destinés aux enfants, aux femmes enceintes et aux mères allaitantes, ont été rendues inutilisables en raison des débris, de la poussière et des dégâts causés par l’explosion.
« Ces incidents ne font que compromettre davantage l’accès des familles touchées à une alimentation adéquate et à des services d’approvisionnement en eau potable », ajoute l’OCHA, qui estime que 58% de la population fait encore face à des conditions de vie « critiques voire catastrophiques. »
Jour après jour
Au moins 3 Palestinien-nes ont été assassiné-es par Israël jeudi 27 août, lors d’attaques israéliennes distinctes contre la bande de Gaza. Un drone israélien a pris pour cible une personne circulant à vélo électrique près du carrefour d’al-Sinaa, à l’ouest de la ville de Gaza, la tuant et en blessant plusieurs autres, dont une dans un état critique. Un autre Palestinien a été tué, et d’autres encore blessés, lors d’une attaque ciblant une tente abritant des personnes déplacées à l’ouest de la ville de Gaza. Enfin, une frappe de drone a touché une tente abritant des personnes déplacées dans la zone d’al-Mawasi, à l’ouest de Khan Younis, tuant une personne et en blessant d’autres.
Le lendemain, vendredi 28 août, l’armée israélmienne a mené une frappe de drone israélien ciblant un groupe de Palestinien-nes au nord de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, tuant 3 membres de la famille Abdeen. Une autre attaque israélienne a tué un autre Palestinien, Hassan al-Deiri, et blessé plusieurs personnes dans le quartier de Sabra, à Gaza, lorsqu’un drone a tiré un missile sur un groupe de civils. Une troisième attaque a frappé une tente abritant des personnes déplacées dans la région de Mashahra, à l’est de la ville de Gaza, tuant une personne et en blessant plusieurs autres.
Samedi 29 août, un drone israélien a ciblé une tente servant d’entrepôt de matériel médical au sein du complexe hospitalier des Martyrs d’Al-Aqsa à Deir el-Balah, blessant trois personnes. L’ONG Médecins Sans Frontières s’est dite « consternée par les informations faisant état d’une frappe aérienne israélienne au sein de l’enceinte de l’hôpital Al-Aqsa », rappelant que cette attaque survient à peine un mois après la destruction des entrepôts de fournitures médicales lors d’une frappe israélienne sur le même complexe. Le même jour, un drone israélien a frappé un vélo électrique dans le quartier de Tal al-Hawa, à Gaza, tuant 2 personnes et en blessant d’autres. Une autre frappe visant un groupe de Palestiniens dans la ville de Khan Younis, au sud, a fait un mort et plusieurs blessés. Un-e autre Palestinien-ne a été tué-e par des tirs israéliens dans le village d’al-Musaddar, à l’est de Deir el-Balah.
Dimanche 30 août, une frappe israélienne a tué 2 personnes à proximité d’une boulangerie, à l’ouest de Deir Al-Balah. Des témoins oculaires ont identifié les deux victimes comme étant Tayyem Hamdan, âgé de trois ans, et Husam Nusair, originaire de Beit Hanoun, dans le nord de la bande de Gaza.
Lundi 31 août, 2 personnes ont été tuées lorsqu’une frappe aérienne israélienne a touché une foule réunie près d’un parc municipal de la ville de Gaza, dans une zone fortement fréquentée familles déplacées. Plusieurs personnes ont été blessées. Une autre frappe aérienne a touché un véhicule dans le quartier de Tal al-Hawa, à l’ouest de la ville de Gaza, tuant au moins 3 personnes, ont indiqué des responsables sanitaires.
« Il n’y a pas de cessez-le-feu. Il n’y a pas eu un seul jour de répit à Gaza depuis le 7 octobre [2023] », déclare Amjad Abu Abdo, un proche de l’une des personnes tuées lors des attaques de lundi, sur Reuters. « Je vous le jure, nous ne dormons pas à cause du bruit des drones. On dort en ayant peur d’être touché. »
L’Afrique du sud dépose un nouveau dossier auprès de la CIJ
Dans un communiqué publié par le ministère des Relations internationales et de la Coopération (DIRCO), l’Afrique du Sud appelle la communauté internationale « à prendre toutes les mesures nécessaires pour prévenir et punir le génocide », accusant Israël d’avoir enfreint les ordonnances juridiquement contraignantes rendues par la Cour internationale de justice (CIJ) en 2004.
Ces ordonnances provisoires enjoignaient notamment Israël la cessation des opérations militaires à Rafah et la garantie d’un accès immédiat des Palestiniens à l’aide humanitaire et aux services de base dans la bande de Gaza, ainsi que la prévention active des actes de génocide et de l’incitation au génocide.
En début de semaine dernière, le gouvernement sud-africain a remis un dossier de preuves à un comité spécial de juges chargé de surveiller l’application des mesures provisoires de la CIJ, détaillant les violations israéliennes de ses obligations et du droit international.
« Depuis près de trois ans, Israël bombarde Gaza, tuant et mutilant des dizaines de milliers d’enfants, d’hommes et de femmes », indique le communiqué, qui ajoute que « les mesures provisoires n’ont pas seulement été ordonnées pour protéger les droits du peuple palestinien en vertu de la Convention sur le génocide ; elles garantissent également l’administration de la justice et la légitimité de la CIJ elle-même, en veillant à ce que les droits que la Cour est appelée à faire valoir ne soient pas bafoués avant qu’elle ne rende sa décision finale. »
L’Afrique du Sud ajoute que les pays membres de la CIJ ont « également l’obligation de protéger le peuple palestinien contre le génocide, notamment en prenant toutes les mesures nécessaires pour prévenir et punir le génocide. »
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