Briser le siège, par tous les moyens : le Convoi Humanitaire Diplomatique partira bientôt

Les initiatives pour briser le siège à imposé par Israël à Gaza se multiplient, par la mer ou la terre, par la société civile ou le droit international. Après la Flottille de la liberté et la marche globale pour Gaza, une initiative propose d’organiser un convoi diplomatique destiné à escorter les 9 000 camions humanitaires bloqués au poste de passage de Rafah depuis des mois.

Par l’Agence Média Palestine, le 20 juin 2025



Le 2 mars 2025, Israël a imposé un blocus total de l’aide humanitaire à Gaza. Nourriture, eau, médicaments, fournitures médicales mais aussi carburant ou tentes et matériaux de construction : ce sont plus de 9 000 camions transportant des produits indispensables qui patientent depuis plus de trois mois à Rafah, seul point de passage vers Gaza depuis l’Égypte, et actuellement unique entrée et sortie de l’enclave palestinienne.

Tout en niant la réalité de la famine à Gaza (pourtant déplorée par l’ensemble des ONGs spécialisées en la matière), Israël a finalement mis en place en mai un système de distribution d’aide alimentaire à travers la très controversée fondation états-unienne Gaza Humanitarian Fondation (GHF) afin de contourner le recours à l’aide internationale, et notamment celle de l’ONU.

L’aide humanitaire comme arme

Après avoir, pendant près de 20 mois, détruit les infrastructures sanitaires, les habitations, les lieux de production mais aussi les terres cultivables, mais également par les 17 ans de siège qui ont précédé la séquence actuelle, Israël a rendu la population de Gaza presqu’entièrement dépendante de l’aide extérieure.

Une grande partie de cette aide était administrée par l’UNRWA, agence de l’ONU auprès des réfugié·es palestinien·nes, qui constituaient la majeure partie de la population de Gaza : 1,6 millions de réfugié·es sur 2,4 millions d’habitant·es, avant le 7 octobre 2023. Cette agence, dont la grande majorité des travailleur·euses sont palestinien·nes, administrait également une grande partie des écoles et centres de soin. Depuis des années mais d’autant plus depuis le début de sa campagne génocidaire à Gaza, Israël tente de délégitimer l’UNRWA et a voté plusieurs lois pour faire interdire ses activités. Le blocus total de l’aide, puis la mise en place du système GHF, est une nouvelle manière d’empêcher cette agence de l’ONU en partie gérée par le concerné·es de faire son travail.

La mise en place de ce nouveau système permet à Israël un contrôle total de l’aide et une surveillance massive des foules se pressant au trois seuls points de distribution. Ces points sont disposés dans des zones militarisées et entièrement rasées. Les habitant·es de Gaza doivent parcourir parfois des kilomètres pour s’y rendre, et y encourent de graves dangers.

Chaque jour depuis maintenant presque un mois, des massacres ont lieu à l’intérieur ou à leurs alentours, l’armée israélienne tirant sur les civils qui tentent d’échapper à la famine. Plus de 400 Palestinien·nes ont déjà trouvé la mort dans ces massacres désormais quotidiens.

Briser le siège

C’est cette réalité qu’entendent dénoncer les plus de 1 000 organisations palestiniennes qui se sont jointes à l’appel du Convoi Humanitaire Diplomatique, d’initiative internationale. « Il s’agit d’une mesure nécessaire et urgente. Si des civils risquent leur vie pour acheminer l’aide, comme nous l’avons vu avec la Flottille de la liberté, le minimum que puissent faire les diplomates est d’agir. La poursuite de l’inaction entraînera une famine massive et érodera la crédibilité du système juridique international, » annoncent les organisateur·ices dans un communiqué.

Cette initiative propose à tous les collectifs de solidarité avec le peuple palestinien de faire pression sur leurs États pour que chacun envoie une délégation de diplomates ou de représentant·es gouvernementaux ou parlementaire. Ces délégations, rejointes par des acteur·ices humanitaires et des médias internationaux, tentera de briser le siège en accompagnant les camions bloqués à la frontière au point de passage de Rafah.

Francesca Albanese (rapporteuse spéciale de l’ONU sur les territoires palestiniens occupés) et Michael Fakhri (rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation) ont déjà publiquement approuvé le convoi et appelé les États à le faciliter et à s’y joindre. Bien qu’aucune liste officielle n’ait encore été rendue publique, les organisateur·ices affirment que « des discussions sont en cours avec des parlementaires et des diplomates en Europe, en Amérique latine, en Asie et ailleurs. Plusieurs membres du Parlement européen se sont déjà exprimés publiquement en faveur du convoi. D’autres confirmations seront communiquées dès qu’elles seront finalisées. »

Les organisateur·ices appellent aux individus solidaires à écrire à leurs représentants pour leur demander de s’engager à rejoindre le convoi, d’encourager leur État à participer ou de soutenir publiquement l’initiative. Une lettre déjà rédigée est disponible sur leur site internet afin de faciliter une campagne massive d’envois. « La pression publique directe peut influencer les décideurs et aider à obtenir un soutien politique pour cette initiative qui sauve des vies. »

La participation à ce convoi, qui s’inscrit dans la dynamique actuelle d’initiatives citoyennes, mais a la particularité de rassembler exclusivement les représentants gouvernementaux, parlementaires et diplomatiques. « Ce convoi souligne la responsabilité des États en tant que principaux responsables en vertu du droit international. Son objectif est de contraindre les États et leurs représentants à respecter le droit international, à prévenir le génocide et à lutter contre l’utilisation de la famine comme méthode de guerre. »

Pour plus d’information, rendez-vous sur le site de Law for Palestine

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