Itamar Ben-Gvir appelle au meurtre des Palestiniens, qu’il soit encadré ou non par la loi israélienne

Le ministre israélien Itamar Ben-Gvir multiplie les déclarations racistes appelant au meurtre de Palestinien·nes, promouvant des pendaisons publiques et des exécutions sommaires.

Par l’Agence Média Palestine, le 24 août 2026



« J’avais promis d’aggraver les conditions de détention des terroristes : nous avons tenu notre promesse. J’avais promis d’adopter la loi sur la peine de mort pour les terroristes : nous l’avons fait. Et aujourd’hui, le quartier des condamnés à mort et le lieu d’exécution par pendaison commencent également à prendre forme. »

Cette déclaration est la dernière en date du ministre israélien de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir. S’il n’a jamais caché son racisme anti-palestinien, la virulence de ses propos a atteint de nouveaux sommets ces derniers mois, alors qu’il promeut son projet de loi introduisant la peine de mort pour les Palestinien·nes déclaré·es coupables du meurtre d’Israélien·nes.

L’appel au meurtre, encadré… 

Sur une vidéo postée sur ses réseaux sociaux le 20 août dernier, Itamar Ben-Gvir pointe du doigt les fondations en cours de coulage d’un chantier en construction de ce qu’il affirme être une potence, claironnant que c’est là que « les terroristes seront exécutés ». 

Des photos publiées dans les médias israéliens montrent un bulldozer et d’importants travaux de construction dans cette zone bouclée, qui se trouverait à proximité d’une prison. Le ministre clame que la potence servira à appliquer son projet de loi, promulguée en mai dernier, visant à exécuter des Palestinien·nes reconnu·es coupables d’actes terroristes par les tribunaux militaires. 

Cette loi impose aux tribunaux militaires d’appliquer la peine de mort comme seule peine possible, à moins que le tribunal ne constate l’existence de circonstances particulières justifiant une peine d’emprisonnement à perpétuité. Elle ne s’applique pas aux juif·ves israélien·nes coupables du meurtre de Palestinien·nes.

Lors de son adoption par le parlement israélien, par 62 voix contre 48, la loi avait été vivement condamnée par une large partie de la communauté internationale, qui la considérait fondamentalement discriminatoire.

« Elle supprime également des garanties fondamentales visant à empêcher la privation arbitraire de la vie et à protéger le droit à un procès équitable, et renforce encore le système d’apartheid israélien, qui repose sur une multitude de lois discriminatoires à l’encontre des Palestiniens », déclarait à l’époque Erika Guevara-Rosas, directrice principale à Amnesty International.

Dans sa vidéo, Itamar Ben-Gvir vante la construction en cours et précise que ce nouveau lieu d’exécution serait équipé de cabines d’observation permettant aux familles des victimes d’assister aux pendaisons.

En faisant de l’exécution des Palestinien·nes un spectacle, Ben-Gvir fait peut-être ici écho à sa propre promesse faite à l’ancien otage israélien Rom Braslavski, dans un podcast diffusé au début du mois, de lui permettre de procéder lui-même à des exécutions

… et extrajudiciaire

Dans ce même podcast, le ministre appelait également explicitement à des exécutions extra-judiciaires de masse à Gaza, affirmant que l’armée israélienne devrait procéder à « 30 à 40 assassinats ciblés par nuit. Pas seulement ceux qui représentent une menace immédiate. Il y a là-bas des gens qui ne méritent pas de vivre… Ce ne sont même pas des êtres humains. » 

Outre le racisme de cette affirmation, il s’agit d’un appel explicite à violer le cessez-le-feu en vigueur depuis bientôt un an, un cessez-le-feu qu’Israël n’a pas respecté, tout en en rejetant la responsabilité sur le Hamas. 

Depuis le 11 octobre 2025 en effet, au moins 1 286 Palestinien·nes ont été assassiné·es par l’armée israélienne. Cette dernière affirme mener des « frappes ciblées » pour éliminer celles et ceux qu’elle présente comme des membres du Hamas, sans apporter de preuve permettant d’établir un motif de légitime défense justifiant d’outrepasser les termes du cessez-le-feu.

Itamar Ben-Gvir vante aussi régulièrement les conditions de détention toujours plus cruelles réservées aux prisonnier·es palestinien·nes, alors qu’au moins 91 Palestiniens sont morts en détention depuis le 7 octobre 2023.

Il y a quelques mois, il avait dévoilé un projet de construction de douves autour de prisons israéliennes où il souhaitait placer des crocodiles censés dissuader les Palestinien·nes de s’enfuir. Un projet de loi aberrant, finalement bloqué par la Cour israélienne au nom de la protection des… crocodiles.

L’appel au meurtre, encadré ou non par la loi, est devenu le fond de commerce de ce ministre d’extrême-droite, l’une des figures les plus influentes de la scène politique israélienne. Ses propos outranciers sont régulièrement condamnés par la communauté internationale, et il interdit d’entrée sur le territoire dans dix pays occidentaux parmi lesquels le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie, les Pays-Bas, l’Espagne, la Belgique, la Norvège, l’Irlande, la Nouvelle-Zélande et la France.

Mais les propos d’Itamar Ben-Gvir n’en représentent pas moins une large partie de la population israélienne, qui soutient la politique génocidaire du gouvernement. 

« Plus fondamentalement, cette affaire n’a jamais concerné uniquement Itamar Ben-Gvir », expliquait un communiqué de la Fondation Hind Rajab suite à l’annulation d’un déplacement du ministre sous sa pression. « Il supervise peut-être la politique de torture des services pénitentiaires israéliens, mais cette torture est perpétrée par des gardiens et des agents pénitentiaires à titre individuel. Ben-Gvir s’est peut-être filmé en train de maltraiter des militants des flottilles du Sumud, mais ces militants ont également été enlevés, détenus illégalement et torturés par des soldats et des policiers israéliens agissant à titre individuel. Ben-Gvir défend peut-être le mouvement des colons illégaux et lui fournit des armes, mais ce sont les colons et les soldats qui les protègent qui mettent en œuvre sur le terrain les politiques israéliennes d’apartheid et de dépossession violente. » 




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